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POLITIQUES DU LOGEMENT : DES ANNONCES ET PERSPECTIVES INACCEPTABLES

COMMUNIQUE DE PRESSE DU PRESIDENT DU CONSEIL DEPARTEMENTAL

L’Assemblée départementale examinait ce matin un rapport sur le renouvellement de la délégation par l’Etat des aides à la pierre afin d’en tirer un bilan et tracer des perspectives. Alors que l’Ille-et-Vilaine est en forte croissance démographique, nous avons la volonté d’investir 26 millions d’euros sur 6 ans pour répondre à nos objectifs en matière de logement. Cet investissement départemental doit s’accompagner d’une mobilisation de crédits de l’Etat.

Notre ambition est cependant percutée par les récentes annonces du Secrétaire d’Etat auprès du Ministre chargé de la cohésion des territoires, Monsieur Denormandie. L’Etat se désengage très fortement de l’aide à la pierre et réduit ainsi considérablement la capacité d’investissement des bailleurs sociaux. Ces mesures sont d’application immédiate : pour l’Ille-et-Vilaine ce sont ainsi 136 logements qui ne sortiront pas de terre dès 2017. Qu’en sera-t-il en 2018 ?

Si l’Etat se désengage, nous ne pouvons pas contractualiser avec lui sans être certains de disposer des moyens de nos ambitions. J’ai donc en Session pris la décision de suspendre notre délibération sur ce dossier et d’interpeller dans les plus brefs délais Monsieur le Préfet sur cette situation extrêmement préoccupante, d’autant plus qu’elle s’inscrit dans une politique du logement qui suscite une vague nationale de protestations.

L’Etat veut financer sa décision de diminuer les APL, de 50 à 60 euros pour les locataires HLM, en imposant aux organismes des baisses importantes de loyer. Cela représente au niveau national environ 680 millions d’euros de pertes de ressources et autant de capacité d’investissement en moins pour le logement social. Les organismes HLM, davantage encore ceux qui accueillent les plus fragiles, vont perdre leurs capacités à maintenir un cadre de vie digne à leurs locataires. Ce sont les locataires les plus fragiles qui subiront les conséquences de ces décisions, qui remettent en cause les fondements mêmes du logement social.

Le rapport reporté sera ré-examiné ultérieurement, si les conditions nécessaires à un bon exercice de cette compétence par le Département sont de nouveau réunies : tel n’est hélas plus le cas aujourd’hui.

Jean-Luc CHENUT

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